Entre Agadir et Essaouira il y a 173 kilomètres et une seule route, la N1. Les sites d'itinéraires annoncent deux heures et demie. Sur le terrain, comptez trois heures sans vous arrêter, et la journée entière si vous faites ce pour quoi on prend cette route : la côte, les falaises de Tamri, le détour par Imsouane et les coopératives d'argan autour de Tamanar.
C'est la plus belle sortie longue au départ d'Agadir, et aussi la plus mal évaluée. Beaucoup de conducteurs partent à dix heures en pensant être rentrés pour le dîner, et se retrouvent à faire les lacets du cap Rhir de nuit, derrière un camion.
L'itinéraire, kilomètre par kilomètre
On sort d'Agadir par le nord, direction Taghazout. La N1 longe la mer jusqu'à Aourir (12 km), traverse Tamraght, puis Taghazout au kilomètre 20. Jusque-là la route est large et fréquentée : c'est la zone résidentielle et touristique de la côte, et on y roule lentement.
Après Taghazout, la route quitte le niveau de la mer et monte sur le plateau. Au kilomètre 40 environ se trouve le cap Rhir et son phare, posé sur une pointe où le Haut Atlas descend directement dans l'Atlantique. Il y a un accotement pour s'arrêter ; c'est le meilleur point de vue des cinquante premiers kilomètres.
Tamri arrive au kilomètre 58. Le village vit de la banane : les étals de bord de route en vendent toute l'année, et ce sont de petites bananes locales, pas les longues bananes d'importation. L'embouchure de l'oued Tamri, juste au nord, est l'un des endroits où l'on observe encore l'ibis chauve, le même oiseau que dans le parc national de Souss-Massa.
Entre Tamri et Tamanar, la N1 s'éloigne de la côte et traverse un plateau d'arganiers. C'est la partie la plus monotone du trajet, et celle où l'on rattrape le temps perdu. Tamanar, au kilomètre 116, est la capitale de l'argan : plusieurs coopératives féminines y vendent l'huile alimentaire et l'huile cosmétique, et laissent voir le concassage à la main.
Les quarante derniers kilomètres passent par Smimou puis redescendent vers la baie d'Essaouira. On aperçoit la ville de loin, blanche et basse, avant de longer les dunes plantées d'eucalyptus.
Le détour d'Imsouane vaut-il les 34 kilomètres ?
Imsouane n'est pas sur la N1 : il faut quitter la nationale vers le kilomètre 80 et descendre une petite route sur environ 17 kilomètres, puis refaire le même trajet en sens inverse. C'est donc trois quarts d'heure de plus, aller-retour.
Ça se justifie si vous avez du temps ou si vous surfez : la baie d'Imsouane produit l'une des vagues les plus longues du Maroc, un droit qui déroule sur plusieurs centaines de mètres quand la houle rentre bien. Le port de pêche, en contrebas, sert du poisson grillé à midi. Si votre objectif est Essaouira avant la nuit, gardez plutôt Imsouane pour une sortie à part depuis Taghazout et Tamraght, dont il n'est qu'à une heure.
Ce qui ralentit vraiment sur cette route
- Les camions. La N1 est l'axe de desserte de toute la côte. Entre Tamri et Tamanar, on double peu et mal : la route tourne et les lignes droites sont courtes.
- Les animaux. Chèvres et moutons traversent sans prévenir, surtout en fin d'après-midi quand les troupeaux rentrent. Sur cette portion, rouler à 80 plutôt qu'à 100 ne coûte que dix minutes sur le trajet complet.
- Le brouillard côtier. De juin à septembre, la brume marine remonte les falaises en fin de journée et en début de matinée. La visibilité peut tomber à cinquante mètres entre le cap Rhir et Tamri.
- Les chèvres dans les arganiers. Vous verrez des arbres couverts de chèvres au bord de la route, avec un homme à côté. C'est une mise en scène payante : les bêtes sont placées là pour la photo. Libre à vous, mais mettez-vous d'accord sur le prix avant de sortir l'appareil.
Se garer à Essaouira
La médina d'Essaouira est fermée aux voitures. Les parkings surveillés se trouvent tout autour des remparts, le plus pratique étant celui de Bab Marrakech, côté sud, à deux minutes à pied de la place Moulay Hassan. Un gardien vous placera et vous réclamera quelques dirhams à la sortie, davantage si vous laissez la voiture la nuit.
Deux réflexes utiles : ne laissez rien de visible dans l'habitacle, et notez le nom du parking. Les ruelles de la médina se ressemblent, et retrouver sa voiture à la nuit tombée quand on est entré par une autre porte prend du temps.
Faut-il dormir sur place ?
Sur le papier, l'aller-retour dans la journée est faisable : six heures de route, quatre heures sur place. En pratique, cela veut dire repartir d'Essaouira à seize heures pour ne pas faire les falaises de nuit, ce qui laisse peu de temps pour la ville et pour les arrêts du chemin.
Une nuit à Essaouira change tout le programme : vous faites les arrêts à l'aller sans regarder l'heure, vous voyez la ville en fin de journée quand l'alizé tombe, et vous rentrez le lendemain matin avec une route dégagée. Si vous partez en hiver, la question se pose autrement : les jours sont courts et il fait nuit à dix-huit heures. Les différences de saison sont détaillées dans Agadir en hiver et en été.
Quant au véhicule, cette route ne demande rien de particulier : elle est goudronnée d'un bout à l'autre et une citadine la fait sans peine. Le seul point à vérifier au départ est la climatisation, parce que la portion intérieure entre Tamri et Tamanar est nettement plus chaude que la côte.
Vous partez vers le nord ? Choisissez une voiture confortable sur route : trois heures de virages se ressentent. Les modèles disponibles et leur tarif à la journée sont sur la page location de voiture à Agadir, et le guide complet de la location à Agadir reprend les papiers et le dépôt de garantie.