Au sud de Tiznit, la côte change de caractère. Les longues plages de sable du Souss laissent place à des falaises de grès rouge qui tombent droit dans l'Atlantique, avec des criques accessibles seulement à marée basse. C'est là que se trouve Legzira, et un peu plus loin Sidi Ifni, l'ancienne enclave espagnole aux façades art déco.
Depuis Agadir, comptez 165 kilomètres et deux heures trente jusqu'à Sidi Ifni. La journée aller-retour est longue mais faisable ; à deux jours, elle devient nettement plus agréable.
L'itinéraire
La première partie est rapide : la N1 descend vers le sud par Inezgane, Aït Melloul et la plaine du Souss jusqu'à Tiznit, au kilomètre 91. Route large, trafic dense sur les vingt premiers kilomètres, puis fluide.
Après Tiznit, on quitte la N1 pour la route côtière qui descend vers Mirleft puis Sidi Ifni. Elle est plus étroite, elle monte et descend sans arrêt, et elle offre les points de vue. Mirleft est au kilomètre 135, Legzira vers le kilomètre 155, et Sidi Ifni au kilomètre 165.
Legzira ne s'annonce pas par grand-chose : une descente sur la gauche en venant du nord, environ dix kilomètres avant Sidi Ifni, avec un parking en terre en haut de la falaise et quelques auberges. Si vous arrivez à Sidi Ifni, c'est que vous êtes passé devant.
L'arche de Legzira : ce qu'il reste
Il faut le dire clairement parce que beaucoup de visiteurs l'ignorent encore : la grande arche de Legzira s'est effondrée le 23 septembre 2016. Elle avait donné à cette plage sa réputation et sa place dans les classements de plus belles plages du monde. Les blocs sont toujours sur le sable.
Une seconde arche, plus petite, tient encore. Elle est très belle en fin de journée, quand le soleil bas passe dessous et allume le grès. Mais si vous venez avec en tête les photos de la double arche, sachez que vous en verrez une.
Le reste du site n'a pas changé : deux kilomètres de sable sous des falaises rouges, praticables à pied à marée basse. C'est la marée, et elle seule, qui décide de votre visite.
La marée, le seul horaire qui compte
À marée haute, l'eau vient au pied de la falaise sur plusieurs portions de la plage. On ne passe pas sous l'arche, on ne rejoint pas la partie nord, et on peut se retrouver coincé entre deux pointes si on s'est engagé au mauvais moment.
Deux règles simples suffisent :
- Consultez un tableau des marées pour Sidi Ifni avant de partir d'Agadir. Une recherche en ligne le donne pour la journée, et le décalage entre Sidi Ifni et Legzira est négligeable.
- Arrivez deux heures avant la basse mer. Vous avez alors quatre heures de marge confortable, et la lumière de fin d'après-midi si vous visez la marée basse du soir.
La descente depuis le parking jusqu'à la plage se fait par un sentier raide, en terre et cailloux. Elle prend dix minutes en descendant, un peu plus en remontant. Ce n'est pas praticable en poussette, et des chaussures fermées valent mieux.
Sidi Ifni, l'enclave espagnole
Sidi Ifni est restée espagnole jusqu'en 1969, et cela se voit encore dans son architecture : bâtiments blancs à angles arrondis, ferronneries bleues, ancienne place d'Espagne devenue place Hassan II, et un phare qui domine la ville. L'ensemble a vieilli sans être restauré, ce qui lui donne son cachet.
Trois choses valent le temps qu'on leur consacre : le marché aux poissons en fin de matinée, la plage en contrebas de la ville, et la promenade dans les rues du plateau où subsistent les bâtiments administratifs de l'époque. La ville se visite en deux heures.
On y mange du poisson très frais et pas cher, surtout dans les petites gargotes près du marché plutôt que sur le front de mer.
Ce qui surprend sur cette route
- Le brouillard. Cette côte est souvent prise dans une brume dense, même quand il fait grand soleil à Agadir. En hiver et au printemps, elle peut rester toute la matinée et réduire fortement la visibilité sur la route de Mirleft.
- Le vent. Il souffle presque en permanence à Sidi Ifni. Une veste coupe-vent n'est pas superflue, même en été.
- Les stations-service. Elles sont nombreuses jusqu'à Tiznit et beaucoup plus rares ensuite. Faites le plein à Tiznit si l'aiguille est sous la moitié.
- L'état de la route côtière. Entre Mirleft et Sidi Ifni, le revêtement se dégrade par endroits, avec des nids-de-poule en bord de chaussée après l'hiver. Une citadine passe très bien, mais il faut regarder devant plutôt que le paysage.
En une journée ou en deux
Aller-retour dans la journée : cinq heures de route, quatre à cinq heures sur place, et il faut caler l'heure de la marée basse dans ce créneau. C'est jouable quand la basse mer tombe en milieu de journée, beaucoup moins quand elle tombe à dix-huit heures.
Avec une nuit à Mirleft ou à Sidi Ifni, tout se détend : vous voyez Legzira au coucher du soleil, vous dormez sur place et vous remontez le lendemain en vous arrêtant à Tiznit. Ce parcours est décrit dans Agadir vers Tiznit et Mirleft en une journée. Sur le chemin du retour, l'embouchure de l'oued Massa et le parc national de Souss-Massa se trouvent à une quinzaine de kilomètres de la N1.
Cette côte se fait en voiture ou pas du tout. Il n'y a pas de liaison pratique entre Legzira, Mirleft et Sidi Ifni, et les horaires de marée ne se négocient pas avec un chauffeur. Les voitures disponibles sont sur la page location de voiture à Agadir, et les formalités dans le guide complet de la location à Agadir.