Quatre-vingts kilomètres séparent Agadir de Taroudant, et l'on passe en une heure dix d'une ville balnéaire des années soixante à une cité entourée de sept kilomètres et demi de remparts en pisé. C'est la sortie la plus facile du Souss, celle qui demande le moins de préparation, et celle dont on revient le plus souvent en se disant qu'on aurait dû rester plus longtemps.
Au-delà de Taroudant commence l'Anti-Atlas : Tafraoute, les rochers peints, les gorges d'Aït Mansour. Là, on change de registre. Ce n'est plus une excursion d'une demi-journée, c'est un voyage qui demande une nuit et une voiture adaptée.
Agadir - Taroudant : la partie facile
On sort d'Agadir par l'est en passant par Aït Melloul, puis on prend la voie express qui longe la plaine du Souss. La route est large, rapide, bordée de plantations d'agrumes et de serres. C'est le même axe que celui de l'aéroport, ce qui permet de récupérer la voiture à l'arrivée et de filer directement vers Taroudant : le détail du passage au comptoir est dans louer une voiture à l'aéroport Agadir Al Massira.
Deux repères sur le trajet : Oulad Teima au kilomètre 45, grosse bourgade agricole où la limitation tombe et où les contrôles sont fréquents, et l'entrée de Taroudant au kilomètre 80, annoncée de loin par la ligne ocre des murailles.
Se garer et visiter Taroudant
La médina de Taroudant se traverse en voiture, contrairement à celle d'Essaouira ou de Marrakech, mais c'est rarement une bonne idée : les rues sont étroites, encombrées de charrettes et de deux-roues, et on tourne longtemps pour trouver une place.
Le plus simple est de se garer sur la place Assarag ou juste à l'extérieur d'une porte, puis de faire le reste à pied. Les distances à l'intérieur des murs sont courtes : du souk arabe au souk berbère il y a dix minutes de marche.
Ce qu'il faut voir tient en une demi-journée :
- Le tour des remparts en voiture, sept kilomètres et demi de pisé ocre percés de cinq portes. C'est l'un des rares endroits du Maroc où la muraille est complète. À faire en fin de journée, quand la lumière est rasante.
- Le souk arabe, au cœur de la médina : épices, cuir, vannerie. Moins touristique et beaucoup moins insistant que celui de Marrakech.
- Le souk berbère, pour l'argenterie et les tapis de l'Anti-Atlas.
- Les tanneries, à l'extérieur de la muraille côté est. L'odeur prévient de loin.
Une remarque utile : Taroudant est nettement plus chaude qu'Agadir. La plaine du Souss est fermée par les montagnes et ne reçoit pas la brise de mer. En juillet-août, l'écart peut atteindre dix à quinze degrés entre les deux villes au milieu de l'après-midi.
Monter vers l'Anti-Atlas
Depuis Agadir, deux routes montent vers Tafraoute. Elles n'ont pas le même profil.
La voie par Aït Baha part vers le sud-est depuis la région d'Agadir, franchit les premiers contreforts et rejoint Tafraoute après environ 170 kilomètres. C'est la plus directe et la plus roulante, avec une belle montée dans les amandiers vers la fin.
La voie par Taroudant et Igherm est plus longue et plus haute. Elle traverse des villages où l'on ne croise plus de voitures de location, et elle donne des points de vue sur tout l'Anti-Atlas. Comptez la journée complète depuis Agadir.
Autour de Tafraoute, deux sites justifient le déplacement. Les rochers peints, à quelques kilomètres du bourg, sont des blocs de granit passés au bleu par l'artiste belge Jean Vérame au début des années quatre-vingt ; la peinture s'écaille, ce qui leur va bien. Les gorges d'Aït Mansour, au sud, sont une palmeraie encaissée entre des parois roses, suivie sur plusieurs kilomètres par une petite route puis par une piste.
Le véhicule : là où ça compte vraiment
Jusqu'à Taroudant, tout se fait en citadine sans y penser. Jusqu'à Tafraoute par Aït Baha, c'est goudronné aussi, même si la route est étroite et tourne beaucoup.
C'est dans les gorges d'Aït Mansour que la question se pose. La route goudronnée s'arrête et devient une piste caillouteuse, avec des passages de gué et des ornières. Une citadine de location y passe quand la piste est sèche et qu'on roule au pas ; elle y frotte dès qu'il y a eu de l'eau. Si l'Anti-Atlas est votre objectif principal, prenez un véhicule à garde au sol relevée. Le comparatif complet est dans citadine, berline ou 4x4 dans le Souss.
Deuxième point, valable pour tout l'Anti-Atlas : le carburant. Entre Aït Baha et Tafraoute les stations se comptent, et certaines ferment tôt. La règle locale est de repartir avec le plein de Taroudant ou d'Aït Baha, jamais d'attendre Tafraoute.
Combiner avec autre chose
Taroudant tombe bien sur le chemin de Marrakech : on part d'Agadir le matin, on déjeune sous les arcades de la place Assarag, et on rejoint l'autoroute dans l'après-midi. Ce parcours est décrit dans Agadir vers Marrakech.
En revanche, ne comptez pas enchaîner Taroudant et Tafraoute dans la même journée depuis Agadir. Sur le papier cela fait trois cent cinquante kilomètres ; sur ces routes, cela fait huit heures de conduite et rien d'autre.
Pour l'Anti-Atlas, la garde au sol prime sur tout le reste. Regardez la hauteur sous caisse avant la puissance et la boîte : c'est elle qui décide si vous allez au bout des gorges d'Aït Mansour. Les modèles disponibles sont sur la page location de voiture à Agadir, et les conditions de location dans le guide complet de la location à Agadir.