Agadir a la réputation d'avoir le même temps toute l'année. C'est vrai pour la plage : la ville compte parmi les plus ensoleillées du pays et la température de l'air varie peu sur le front de mer. Ce n'est pas vrai du tout pour la route.
Entre janvier et août, ce ne sont pas les mêmes itinéraires qui sont praticables, pas les mêmes heures qui sont confortables, et pas les mêmes risques qui guettent. Un conducteur qui applique en février le programme de juillet perd une journée ; celui qui fait l'inverse la passe dans un habitacle à quarante degrés.
L'hiver : la pluie et ce qu'elle fait aux oueds
La saison des pluies va de novembre à mars. Il ne pleut pas souvent, mais quand il pleut, il pleut fort et en peu de temps. C'est le régime classique du sud marocain, et il a une conséquence directe sur la route.
Beaucoup de routes secondaires du Souss et de l'Anti-Atlas franchissent les oueds par des radiers, des passages bétonnés au niveau du lit plutôt que des ponts. À sec, on passe sans y penser. Après un orage en amont, le même radier peut être sous cinquante centimètres d'eau courante, avec des repères de hauteur peints sur des poteaux.
La règle est absolue et elle vaut pour tous les véhicules, 4x4 compris : on ne traverse pas un radier en eau courante. Une eau de trente centimètres qui coule vite déplace une voiture. Les crues du Souss montent en une heure et redescendent en quelques heures : attendre est presque toujours la bonne décision.
Trois autres effets de l'hiver :
- Les éboulements sur les routes de montagne, notamment vers Immouzzer et dans l'Anti-Atlas. Rarement bloquants longtemps, mais des pierres restent sur la chaussée plusieurs jours.
- Les jours courts. En décembre, la nuit tombe vers dix-huit heures. Toute sortie en montagne doit être calée sur cette heure, pas sur l'heure du dîner.
- Le froid en altitude. Il fait vingt-deux degrés à Agadir et huit à Immouzzer le matin. Une veste dans le coffre change une randonnée.
En contrepartie, l'hiver et le début du printemps sont la meilleure période pour la vallée du Paradis : c'est là que les bassins sont pleins.
L'été : la chaleur de l'intérieur
Le contraste le plus fort de la région n'est pas saisonnier, il est géographique, et l'été le rend spectaculaire. Sur le front de mer d'Agadir, la brise atlantique maintient des températures supportables tout l'été. Vingt kilomètres à l'intérieur, dans la plaine du Souss, il n'y a plus de brise.
En juillet et août, l'écart entre Agadir et Taroudant peut atteindre dix à quinze degrés au milieu de l'après-midi. La plaine est fermée par les montagnes et emmagasine la chaleur. Trois conséquences pratiques :
- La climatisation cesse d'être un confort. Testez-la avant de quitter le parking, pas en arrivant à Oulad Teima.
- Les horaires se décalent. Les visites de l'intérieur se font le matin tôt ou après seize heures. Entre midi et quinze heures, on ne fait rien d'utile à Taroudant en été.
- L'eau se transporte. Deux litres par personne dans le coffre, pour une panne ou un bouchon, ne pèsent rien.
Il faut aussi compter avec le chergui, le vent continental qui souffle du sud-est quelques jours par an. Il fait grimper la température de dix degrés d'un coup, y compris sur la côte, et charge l'air de poussière. Les jours de chergui, la visibilité baisse et les routes du sud deviennent inconfortables.
La brume marine, toute l'année ou presque
C'est le phénomène le plus constant de cette côte et le plus sous-estimé. L'air humide de l'Atlantique rencontre les terres chaudes et forme une brume dense, qui remonte les falaises en fin de journée et se dissipe en milieu de matinée.
Elle concerne surtout la côte au nord d'Agadir, entre le cap Rhir et Tamri sur la route d'Essaouira, et la côte au sud entre Tiznit et Sidi Ifni. La visibilité peut tomber à cinquante mètres sur des portions en virage sans glissière.
Ce n'est pas une raison d'annuler une sortie, c'est une raison d'ajuster l'heure : sur ces deux axes, on part après neuf heures et on est rentré avant la tombée du jour.
L'affluence : ce que change le calendrier
Trois périodes chargent réellement les routes de la région :
- Juillet et août, avec les vacanciers marocains et les résidents à l'étranger de retour au pays. La N1 vers Taghazout est saturée les week-ends, et se garer dans le village relève de la chance.
- La semaine de l'Aïd, où les déplacements familiaux remplissent les nationales et où beaucoup de commerces ferment plusieurs jours.
- Les vacances scolaires européennes de février, qui remplissent Agadir même sans charger l'arrière-pays.
Le mois de ramadan a un effet différent : la circulation est calme la journée, puis intense dans l'heure qui précède la rupture du jeûne. C'est le moment de la journée où les conducteurs sont pressés. Un trajet prévu à cette heure-là se décale d'une heure sans regret.
Le meilleur compromis
Si vous choisissez vos dates en fonction de la route plutôt que de la plage, visez mars-avril ou octobre-novembre. L'eau est encore dans les gorges au printemps, la chaleur de l'intérieur reste tenable, les jours sont assez longs pour une sortie vers le sud, et les routes sont vides.
Quelle que soit la saison, deux vérifications au départ ne coûtent rien et évitent le gros des ennuis : la climatisation et l'état des pneus. Les critères de choix du véhicule sont repris dans citadine, berline ou 4x4 dans le Souss.
Vous venez en été ? Prenez une voiture dont la climatisation a été vérifiée récemment et partez tôt. Les modèles disponibles sont sur la page location de voiture à Agadir ; les conditions et les papiers sont dans le guide complet de la location à Agadir.