Le parc national de Souss-Massa commence à la sortie d'Agadir et s'étire sur une soixantaine de kilomètres vers le sud, jusqu'aux abords de Tiznit. C'est une bande côtière étroite, quelques kilomètres de large, qui protège deux embouchures d'oued, des dunes, une steppe à euphorbes et la dernière colonie sauvage viable d'ibis chauve au monde.
C'est aussi la sortie la plus sous-estimée du Souss. On peut y être en quarante minutes depuis le centre d'Agadir, et la plupart des visiteurs qui passent une semaine dans la région n'en soupçonnent pas l'existence.
Deux entrées, deux journées différentes
Le parc se visite par deux endroits qui n'ont pas grand-chose en commun.
L'embouchure de l'oued Souss est la plus proche : elle touche Agadir, juste au sud du port, en contrebas du domaine royal. On y accède par la route qui longe la rive sud de l'oued. C'est une vasière, un plan d'eau saumâtre bordé de tamaris, et l'un des meilleurs sites d'observation d'oiseaux du Maroc. Flamants roses, spatules, échasses, courlis, selon la saison. Vingt minutes de voiture depuis le front de mer, et l'on est dans un autre pays.
L'embouchure de l'oued Massa, à une soixantaine de kilomètres au sud, est le cœur du parc. On y va par la N1 en direction de Tiznit, puis par une route secondaire vers Sidi Binzarne et Massa. La lagune y est plus large, plus sauvage, et c'est autour d'elle que l'ibis chauve se nourrit.
L'itinéraire jusqu'à Massa
- Agadir à Inezgane : 13 km, agglomération continue, circulation dense.
- Inezgane à la bifurcation : la N1 vers le sud, rapide, jusqu'à la sortie vers Sidi Binzarne aux alentours du kilomètre 40.
- La route secondaire : une vingtaine de kilomètres jusqu'à la lagune. Goudronnée sur l'essentiel, avec des portions étroites et des traversées de villages.
Comptez une heure depuis Agadir. Le stationnement se fait au bout de la route, près de la lagune ; on continue à pied sur des sentiers aménagés. Des travaux d'aménagement ont amélioré les accès routiers vers les deux entrées du parc, et des installations permettent de s'arrêter et de sortir du véhicule le long du parcours.
L'ibis chauve : ce qu'on peut réellement espérer voir
L'ibis chauve est un grand oiseau noir à reflets verts, au crâne nu et au long bec rouge recourbé. Il a disparu de presque toute son aire de répartition ; les falaises de Souss-Massa et les environs de Tamri abritent la population sauvage la plus importante et la seule considérée comme viable, de l'ordre de quelques centaines d'individus.
Quelques repères honnêtes, parce que c'est une observation qui se mérite :
- Les oiseaux se nourrissent en groupe dans la steppe et les champs proches de la côte, et nichent sur les falaises. On les voit plus souvent en train de fouiller le sol qu'en vol.
- Le matin tôt et la fin d'après-midi sont les meilleurs moments.
- Des jumelles changent tout. Sans elles, un groupe d'ibis à deux cents mètres reste un groupe de points noirs.
- Ce n'est jamais garanti. Les oiseaux se déplacent selon la nourriture disponible. Certains visiteurs les voient en dix minutes, d'autres pas du tout.
La zone de Tamri, au nord, sur la route d'Essaouira, est l'autre secteur où l'espèce s'observe. Cela permet de combiner : l'embouchure de l'oued Tamri sur le trajet du nord, et la lagune de Massa sur celui du sud.
Le reste de la faune
Le parc abrite aussi une réserve où ont été réintroduites des espèces sahariennes qui avaient disparu de la région : gazelles dorcas, addax, oryx algazelle, autruches à cou rouge. Elles vivent dans des enclos de grande surface, ce qui n'est pas tout à fait de l'observation en liberté mais reste un programme de conservation sérieux.
Côté oiseaux, la lagune de Massa est classée site Ramsar et accueille une partie de la migration entre l'Europe et l'Afrique de l'Ouest. La période la plus riche va de l'automne au début du printemps.
Ce qu'il faut savoir avant de partir
- Prenez de l'eau et un chapeau. Il n'y a pas de buvette à l'embouchure de l'oued Massa, et l'ombre y est rare.
- Restez sur les sentiers. C'est une zone protégée et les nicheurs sont sensibles au dérangement ; approcher une colonie la fait fuir, parfois durablement.
- N'entrez pas sur la plage en voiture. Le sable est mou dès qu'on quitte la piste damée, et un véhicule enlisé dans une zone protégée est un problème à plusieurs titres.
- Le vent se lève l'après-midi sur la lagune, ce qui complique l'observation aux jumelles. La matinée est plus calme.
Une citadine suffit pour tout le parcours : les deux accès sont goudronnés. La seule réserve concerne les pistes secondaires vers la plage, où la garde au sol compte ; le sujet est repris dans citadine, berline ou 4x4 dans le Souss.
Combiner avec le sud
Massa se trouve à mi-chemin d'Agadir et Tiznit, ce qui en fait un arrêt naturel plutôt qu'une destination séparée. Le montage qui fonctionne le mieux : la lagune tôt le matin, quand les oiseaux se nourrissent, puis la route vers Tiznit et Mirleft pour la suite de la journée.
En sens inverse, au retour du sud, l'arrêt à Massa en fin d'après-midi tombe bien : c'est l'autre créneau où la faune est active, et la lumière sur la lagune vaut le détour même sans jumelles.
Partez tôt et prévoyez des jumelles. Ce sont les deux choses qui décident si vous voyez quelque chose. Une petite voiture suffit pour les deux accès : les modèles disponibles sont sur la page location de voiture à Agadir, et les formalités dans le guide complet de la location à Agadir.