Taghazout est à vingt kilomètres d'Agadir. Vingt-cinq minutes par la N1, moins si vous partez avant huit heures. C'est la sortie la plus courte du Souss et celle que les gens font le plus souvent en taxi, alors qu'elle a tout à gagner à se faire en voiture : les spots s'étalent sur une quinzaine de kilomètres, et aucun n'est à distance de marche de l'autre.
Trois villages se suivent sur cette côte, et ils ne se ressemblent pas. Aourir au kilomètre 12, qu'on appelle le village des bananes pour ses étals en bord de route. Tamraght au kilomètre 15, plus calme, avec son oued et ses maisons peintes. Taghazout au kilomètre 20, l'ancien village de pêcheurs devenu la capitale marocaine du surf.
Les spots, du sud au nord
La logique de cette côte est simple : ce sont des pointes rocheuses qui produisent des vagues droites, et elles fonctionnent presque toutes à marée basse ou mi-marée, avec une houle de nord-ouest. En été, il n'y a souvent rien. La saison va d'octobre à avril.
- Banana Point, à Tamraght, à l'embouchure de l'oued. Vague longue et peu creuse, la plus accessible aux débutants encadrés. Parking sur la piste qui descend depuis la N1.
- Devil's Rock, entre Tamraght et Taghazout, reconnaissable au rocher noir. Fond de rochers, pas pour débuter.
- Hash Point, à l'entrée sud de Taghazout, juste devant le village. Pratique parce qu'on se gare à trente mètres, encombré pour la même raison.
- Anchor Point, à la sortie nord du village. C'est le spot historique, un droit qui peut dérouler sur plusieurs centaines de mètres quand la houle est bien orientée. Le parking est en haut de la falaise, la descente se fait à pied sur un sentier.
- Killer Point, encore trois kilomètres plus au nord. Plus exposé, plus puissant, fréquenté par un niveau confirmé.
Plus au nord encore, la baie d'Imsouane est à une heure de Taghazout par la N1 puis une petite route de dix-sept kilomètres. C'est la vague la plus longue de la région, et elle se fait très bien en sortie à part, ou sur la route d'Agadir vers Essaouira.
Le vrai problème : le stationnement
Taghazout a été construit pour des barques, pas pour des voitures. La rue principale du village est étroite, à sens unique sur une partie, et bordée en permanence de véhicules garés des deux côtés. En haute saison, entrer dans le village en voiture à midi est une mauvaise idée.
La solution que tout le monde finit par adopter : se garer sur les parkings en terre au-dessus du village, du côté de la route, et descendre à pied. Cinq minutes de marche, et vous n'êtes pas coincé derrière une camionnette en train de décharger. Des gardiens en gilet gèrent la plupart de ces terrains ; quelques dirhams à la sortie.
À Anchor Point, le parking de la falaise est gratuit et souvent plein le week-end. Ne laissez jamais une planche ou un sac visible dans l'habitacle : c'est le seul endroit de la côte où les vols de voiture en stationnement sont signalés avec régularité.
La route elle-même
La N1 entre Agadir et Taghazout est large, en bon état, et bordée de constructions sur presque tout le parcours. Deux choses ralentissent : les ralentisseurs à l'entrée de chaque village, franchement hauts, et les piétons qui traversent entre les voitures à Aourir.
Les ralentisseurs méritent une mention particulière si vous louez une citadine chargée. Pris à trente, ils passent ; pris à cinquante, ils raclent. Sur cette route, ils ne sont pas toujours signalés en amont et le marquage est souvent effacé.
Aucun de ces trois villages ne demande de véhicule spécial : tout est goudronné et une petite voiture convient. La seule exception est la piste qui descend vers certains spots depuis la N1, notamment côté Banana Point, où une ornière profonde peut gêner une voiture très basse. Le sujet est traité dans citadine, berline ou 4x4 dans le Souss.
Manger et faire une pause
Le front de mer de Taghazout aligne les cafés à terrasse, tous avec la même vue et des cartes proches. Le poisson grillé se mange mieux en bas, près du petit port, là où les barques rentrent en fin de matinée. À Tamraght, l'offre est plus restreinte mais nettement moins chère.
Aourir mérite un arrêt pour ce qu'on y trouve au bord de la route : bananes, miel, huile d'argan des coopératives de l'arrière-pays. Les prix se discutent, et l'huile alimentaire ne se vend pas au même prix que la cosmétique — si on vous propose les deux au même tarif, c'est que l'une des deux n'est pas ce qu'elle prétend.
Prolonger vers la montagne
Depuis Tamraght ou Aourir part la route qui monte vers Immouzzer des Ida Outanane. C'est le même oued, l'oued Tamraght, qu'on remonte en direction des gorges. En une journée, on peut donc combiner la matinée sur la côte et l'après-midi dans les bassins de la vallée du Paradis, à condition de partir tôt : la route de montagne se fait mal à la nuit tombée.
Pour la côte, prenez petit. Une citadine se gare là où une berline ne passe pas, et à Taghazout c'est le critère qui décide de votre journée. Les modèles disponibles sont sur la page location de voiture à Agadir, et les formalités dans le guide complet de la location à Agadir.