La vallée du Paradis n'est pas une vallée, c'est une gorge. L'oued Tamraght y a creusé le calcaire sur plusieurs kilomètres, laissant une succession de bassins entre des parois verticales et des palmiers. Elle est à une trentaine de kilomètres d'Agadir à vol d'oiseau, et à une heure et quart de route, parce qu'entre les deux il y a huit cents mètres de dénivelé et une route qui n'arrête pas de tourner.
Plus haut sur la même route, Immouzzer des Ida Outanane est un bourg de montagne à 1 200 mètres, avec une cascade qui coule quand elle a de quoi couler. Les deux se font dans la même journée. Il faut juste savoir ce qu'on va y trouver, parce que c'est l'excursion du Souss qui déçoit le plus souvent, et toujours pour la même raison.
L'itinéraire depuis Agadir
On sort d'Agadir par la N1 vers le nord jusqu'à Aourir, au kilomètre 12. Juste après le village, une route part vers l'intérieur en suivant l'oued : c'est la route d'Immouzzer. À partir de là, oubliez les moyennes de la nationale.
La route est goudronnée mais étroite, sans glissière sur de longues portions, avec des virages en épingle et des passages à une voie et demie. On croise des camionnettes, des cars de tourisme et, dans les villages, des ânes. La vitesse réelle tourne autour de quarante kilomètres-heure.
- Aourir : kilomètre 12 depuis Agadir, dernière station-service confortable avant la montagne.
- Accès à la vallée du Paradis : une vingtaine de kilomètres après Aourir. Le stationnement se fait au bord de la route, près du pont ; la descente vers les bassins prend quinze à vingt minutes à pied.
- Immouzzer des Ida Outanane : environ 56 km depuis Agadir, une heure trente avec les arrêts.
Un conseil qui économise du carburant et de l'énervement : faites le plein à Aourir. Entre là et Immouzzer, l'offre est très limitée, et la route consomme plus qu'elle n'en a l'air à cause des reprises en montée.
Ce qu'il faut savoir sur l'eau
Voilà la raison des déceptions. La vallée du Paradis dépend entièrement de la pluie tombée en amont, et l'oued Tamraght n'est pas un cours d'eau permanent sur toute sa longueur. Le calendrier réel ressemble à ceci :
- De février à mai, après les pluies d'hiver, les bassins sont pleins et l'eau est claire. C'est la période où la vallée porte son nom.
- En juin et juillet, le niveau baisse mais les grands bassins tiennent encore.
- D'août à octobre, après un été sec, il peut ne rester que des flaques vertes. Des visiteurs font une heure et demie de route pour voir un lit de pierres.
- Après un gros orage, c'est l'inverse : l'oued monte vite et la baignade devient dangereuse. Une crue dans ces gorges ne laisse pas le temps de remonter.
Il n'existe pas de bulletin officiel du niveau d'eau. Le réflexe utile est de demander la veille à votre hébergement ou à un café d'Aourir : les gens du coin savent si l'eau est là, parce que tout le monde y monte le week-end.
La même logique vaut pour la cascade d'Immouzzer, qui est à sec une bonne partie de l'année et spectaculaire quelques semaines au printemps. Les photos qui circulent ont presque toutes été prises en mars.
La descente à pied et les bassins
Depuis la route, un sentier descend vers le fond de la gorge. Ce n'est pas de la haute montagne, mais ce sont des rochers, parfois glissants, et la remontée se fait en plein soleil. Des chaussures fermées valent mieux que des tongs, et une bouteille d'eau par personne n'est pas du luxe.
En bas, plusieurs vasques se suivent. Les premières sont les plus fréquentées ; en marchant vingt minutes de plus vers l'amont on trouve presque toujours de la place. Des jeunes du village proposent de guider, parfois avec insistance : le tarif se fixe avant de partir, pas au retour.
Quelques buvettes se sont installées au fond de la gorge, en terrasse au-dessus de l'eau. Elles servent du thé, des tajines et des jus. C'est simple et c'est cher pour ce que c'est, mais l'endroit le vaut.
Continuer vers Immouzzer
Après la vallée, la route poursuit sa montée pendant une trentaine de kilomètres jusqu'à Immouzzer des Ida Outanane. On passe de l'arganier au figuier et à l'olivier, et le paysage s'ouvre sur des terrasses cultivées accrochées aux versants.
Le bourg est connu pour son miel, vendu dans les boutiques de la rue principale et lors du moussem qui lui est consacré. Le point de vue sur la vallée, depuis la sortie du village, justifie à lui seul les derniers kilomètres — même quand la cascade est sèche.
Quelle voiture, et à quelle heure repartir
Une citadine monte sans difficulté : la route est goudronnée sur tout le parcours jusqu'à Immouzzer. La garde au sol ne devient un sujet que si vous quittez le goudron pour un accès secondaire aux bassins après une crue, quand le passage est raviné. Le détail des catégories est dans citadine, berline ou 4x4 dans le Souss.
Le point vraiment important est l'heure du retour. Cette route se fait mal de nuit : pas d'éclairage, pas de glissière, des virages sans visibilité et des animaux sur la chaussée. Prévoyez d'être redescendu à Aourir avant le coucher du soleil. Si vous enchaînez avec la côte, faites-le dans l'autre sens : Taghazout et Tamraght le matin, la montagne l'après-midi, et la redescente avant la nuit.
Une journée en montagne se prépare autrement. Vérifiez la climatisation et l'état des pneus avant de monter, et faites le plein à Aourir. Les voitures disponibles sont sur la page location de voiture à Agadir ; les conditions de location dans le guide complet.