La question revient à chaque réservation : faut-il une petite voiture, une berline ou un 4x4 pour rouler autour d'Agadir ? La réponse dépend d'un seul paramètre, et ce n'est ni le budget ni le nombre de passagers. C'est la proportion de votre séjour qui se fera hors du goudron.
Dans le Souss, le goudron couvre presque tout. Les nationales vers Tiznit et Essaouira, la voie express vers Taroudant, l'autoroute vers Marrakech, la route d'Immouzzer, la descente sur Mirleft et Sidi Ifni : tout cela se fait en citadine. Les exceptions se comptent, et elles sont identifiables à l'avance.
La citadine : le choix par défaut
Une petite voiture de type Fiat Panda, Hyundai i10 ou Kia Picanto couvre sans difficulté quatre-vingt-dix pour cent des itinéraires de la région. Elle a trois avantages concrets ici :
- Elle se gare. À Taghazout, dans les ruelles de Taroudant, sur le front de mer d'Agadir un soir d'été, c'est le critère qui décide de votre journée.
- Elle consomme peu. Sur un séjour d'une semaine avec deux sorties longues, l'écart de carburant avec une berline se voit.
- Elle passe les ralentisseurs plus facilement qu'une berline chargée, à condition de rester lent.
Ses limites : le coffre, qui accepte deux valises cabine et un sac, pas quatre grandes valises ; et la relance en montée avec quatre personnes à bord, sur la route d'Immouzzer ou la montée vers Amskroud.
La berline : pour les longues routes
Une berline compacte, du type Dacia Logan ou Hyundai Accent, se justifie dans deux cas.
Le premier : vous êtes quatre avec des bagages. Le coffre change tout sur un séjour de deux semaines, et l'habitabilité arrière aussi dès qu'on dépasse deux heures de route.
Le second : vous faites beaucoup de kilomètres sur route rapide. Sur l'aller-retour vers Marrakech, deux cent cinquante kilomètres d'autoroute dans chaque sens, la différence de confort et de stabilité à 120 km/h est réelle.
Ce qu'une berline n'apporte pas : de la garde au sol. Elle est souvent aussi basse qu'une citadine, parfois plus. Si votre objectif est la piste, une berline est le pire des deux mondes.
Le 4x4 et le SUV : quand c'est vraiment utile
Il faut séparer deux choses qu'on confond souvent. Le 4x4 intégral, avec transmission aux quatre roues, sert dans le sable et la boue. Le SUV à garde au sol relevée, à deux roues motrices, sert sur les pistes caillouteuses et les ornières. Pour la région d'Agadir, c'est presque toujours le second qu'il faut.
Les cas où la garde au sol se paie vraiment :
- Les gorges d'Aït Mansour, au sud de Tafraoute. Le goudron s'arrête et la piste suit la palmeraie sur plusieurs kilomètres, avec des passages de gué et des pierres saillantes.
- Les accès secondaires à la vallée du Paradis après une crue, quand le passage est raviné.
- Les descentes vers les criques entre Mirleft et Sidi Ifni, en pente et caillouteuses, surtout après la pluie.
- Les pistes de bord de mer au nord de Tamri et vers certains spots de surf.
Si aucun de ces quatre points n'est à votre programme, un SUV est un surcoût sans contrepartie : il consomme plus, se gare moins bien et ne va nulle part où la citadine n'irait pas.
Boîte manuelle ou automatique
L'offre de boîtes automatiques est plus limitée et plus chère au Maroc qu'en Europe. Si vous n'avez jamais conduit en manuelle, réservez tôt et explicitement : ce n'est pas un détail qui se règle au comptoir.
Pour qui sait faire les deux, la manuelle a un avantage local : sur la route d'Immouzzer ou la montée vers Tafraoute, le frein moteur en descente longue épargne les freins, et une automatique d'entrée de gamme le fait moins bien.
Les trois équipements qui comptent ici
- La climatisation. Non négociable. La plaine du Souss et Taroudant dépassent régulièrement les quarante degrés en été, et la différence avec la côte est spectaculaire. Vérifiez qu'elle refroidit réellement avant de quitter le parking, pas cinquante kilomètres plus loin.
- L'état des pneus. Regardez la profondeur des sculptures et cherchez les hernies sur les flancs. Les routes de l'Anti-Atlas sont abrasives et les crevaisons y sont courantes.
- La roue de secours. Certaines voitures récentes n'ont qu'une bombe anti-crevaison, inutile sur une déchirure de flanc causée par une pierre. Sur un programme incluant de la piste, demandez une vraie roue et vérifiez qu'il y a un cric et une clé.
Faire le bon choix en trois questions
Reprenez votre programme et répondez honnêtement :
- Est-ce que je quitte le goudron ? Si non, citadine. Si oui, garde au sol.
- Combien de bagages ? Quatre personnes avec de grandes valises : berline ou break, quelle que soit la réponse à la question précédente.
- Combien de kilomètres par jour ? Au-delà de deux cents kilomètres quotidiens, montez d'une catégorie pour le confort.
Un dernier point, valable pour toutes les catégories : la puissance ne sert à rien ici. Les limitations sont basses, les contrôles réels, et les routes de montagne se font à quarante kilomètres-heure. Un petit moteur bien entretenu vaut mieux qu'un gros moteur fatigué. Le reste des conditions de location est détaillé dans l'article sur Taroudant et l'Anti-Atlas, là où le choix du véhicule se joue réellement.
Comparez sur la garde au sol et la climatisation, pas sur la marque. Ce sont les deux lignes qui changent votre séjour dans le Souss. Les catégories disponibles et leurs tarifs à la journée sont sur la page location de voiture à Agadir, et le reste dans le guide complet de la location à Agadir.