Tiznit est à 91 kilomètres d'Agadir, Mirleft à 135. Quatre-vingt-dix minutes pour la première, deux heures pour la seconde. C'est la sortie du sud qui tient le mieux dans une journée : une ville de remparts et d'argentiers le matin, des criques à falaises l'après-midi, et le retour avant la nuit sans forcer.
Elle a aussi l'avantage d'être modulable. Si vous manquez de temps, Tiznit seule fait une belle demi-journée. Si vous en avez, la route continue vers Legzira et Sidi Ifni, trente kilomètres plus loin.
La route jusqu'à Tiznit
On descend par la N1. Les vingt premiers kilomètres, entre Agadir, Inezgane et Aït Melloul, sont les plus lents : agglomération continue, feux, deux-roues, camions. Passé Aït Melloul, la route s'ouvre et traverse la plaine du Souss puis la zone d'arganiers.
La chaussée est large et en bon état, avec des créneaux de dépassement. C'est aussi l'un des axes les plus contrôlés de la région : radars mobiles en sortie de zone de dépassement, et limitation qui tombe brutalement à l'approche des villages. Ne vous fiez pas au rythme des autres véhicules.
Une variante existe pour l'aller ou pour le retour : passer par Aït Baha et redescendre sur Tiznit par l'intérieur. C'est plus long d'environ une heure, c'est de la route de montagne, et cela donne un tout autre paysage — les premiers reliefs de l'Anti-Atlas, les villages perchés, les amandiers. À réserver aux jours où vous ne visez pas Mirleft.
Tiznit : les remparts et l'argent
Tiznit est une ville fondée à la fin du XIXe siècle et entourée d'une muraille en pisé d'environ cinq kilomètres, percée de plusieurs portes. On peut en faire le tour en voiture, et c'est une bonne façon de se repérer avant d'entrer.
Le centre s'organise autour de la place du Méchouar, grande esplanade bordée de cafés. On s'y gare facilement en dehors des jours de souk, et tout se fait ensuite à pied.
Ce qui distingue Tiznit, c'est son souk des bijoutiers. La ville est le centre marocain de l'argenterie berbère : fibules, bracelets, colliers, poignards d'apparat. Les ateliers travaillent à la vue de tous dans les ruelles du souk. Quelques repères avant d'acheter :
- L'argent massif porte un poinçon. Demandez à le voir et à peser la pièce ; le prix se fait au poids plus le façonnage.
- Beaucoup d'articles présentés comme anciens sont des copies récentes, bien faites. Ce n'est pas un problème tant que le prix correspond.
- On négocie, mais dans une fourchette raisonnable. Diviser par quatre le premier prix n'est pas un usage ici.
La source bleue, au cœur de la ville, est liée à la légende de Lalla Tiznit qui a donné son nom à la ville. C'est un lieu de mémoire plus qu'un spectacle : n'en attendez pas une oasis.
Descendre sur Mirleft
Après Tiznit, on quitte la N1 pour la route qui rejoint la côte. Quarante-quatre kilomètres, mais une heure de conduite : la route monte, descend et tourne, avec des portions étroites et un revêtement inégal.
Mirleft est un gros village de bord de mer, une rue principale bordée de cafés et de commerces, et une série de plages en contrebas, chacune dans sa crique. Les principales :
- Plage d'Aftas, la plus proche et la plus large, accessible par une route goudronnée. Baignade surveillée en été.
- Imin Tourga, au nord, une crique encadrée de falaises avec une arche rocheuse. L'accès se fait par une piste courte en descente.
- Sidi Mohammed Ben Abdellah, au sud, en contrebas d'un marabout blanc posé sur la falaise.
Le vieux fort colonial, sur la hauteur, offre la vue d'ensemble sur toute la baie. On y accède par une route en lacets courte mais raide.
Ce qui peut gâcher la journée
- La brume. Cette côte reste souvent dans le brouillard jusqu'en milieu de journée, même quand il fait grand soleil à Agadir. Ce n'est pas une raison d'annuler, c'est une raison de ne pas viser Mirleft à dix heures.
- Les courants. Les criques de Mirleft sont belles et parfois traîtresses. En dehors des zones surveillées d'Aftas en été, la baignade demande de la prudence.
- Les pistes d'accès aux plages. Courtes mais en pente et caillouteuses. Une citadine passe au pas et par temps sec ; après la pluie, mieux vaut se garer en haut et descendre à pied.
- Le jour de souk à Tiznit. Le centre se remplit et le stationnement devient difficile. Renseignez-vous la veille si vous tenez à vous garer près du Méchouar.
Sur le chemin du retour
Entre Tiznit et Agadir, deux arrêts valent un détour de vingt minutes. Le premier est l'embouchure de l'oued Massa et le parc national de Souss-Massa, à une quinzaine de kilomètres de la N1 : flamants, ibis chauve et une lagune en fin de journée.
Le second est bien plus modeste : les étals de bord de route entre Aït Melloul et Agadir, où l'on achète les agrumes de la plaine du Souss à un prix qui n'a rien à voir avec celui du marché d'Agadir.
Le tout se fait sans difficulté en citadine. Le seul cas où un véhicule plus haut se justifie est celui des descentes vers les criques après un épisode pluvieux.
Une journée vers le sud, c'est 270 kilomètres aller-retour. Partez avec le plein fait à Agadir et une voiture à l'aise sur route longue : les modèles disponibles sont sur la page location de voiture à Agadir, et les formalités dans le guide complet de la location à Agadir.